Il y a des « oui » qui naissent d’une véritable envie.

Et puis il y a ceux qui arrivent presque automatiquement.

Oui, je vais le faire.

Oui, je vais m’en occuper.

Oui, je peux aider.

Oui, ce n’est pas grave.

Oui, je vais trouver le temps.

Et parfois, alors même que nous prononçons ce « oui », quelque chose en nous aurait préféré dire non.

Pourquoi est-il parfois si difficile de poser cette limite ?

Peut-être parce qu’un « non » n’est jamais seulement un mot.

Il peut faire naître la peur de décevoir.

De blesser.

De créer un conflit.

Ou simplement de ne pas être compris.

Alors parfois, nous disons oui.

Parce que rendre service nous fait plaisir.

Parce que nous avons l’habitude d’être disponibles.

Parce que nous pouvons le faire.

Et parfois aussi parce que dire oui nous semble plus simple que d’avoir à dire non.

Mais certains « oui » laissent derrière eux un agacement, une fatigue, un regret.

Ou cette petite phrase qui arrive un peu trop tard :

Je n’avais pas vraiment envie.

Dire non semble parfois plus facile lorsque nous avons une raison pour le faire.

Un rendez-vous.

Une obligation.

Un manque de temps.

Une fatigue devenue trop importante.

Comme si « je ne peux pas » était plus facile à dire que « je ne veux pas ».

Mais qu’en est-il lorsque nous pourrions… et que nous n’en avons simplement pas envie ?

Avons-nous besoin d’une raison pour refuser ?

Car lorsque cette raison n’est pas évidente, la culpabilité peut apparaître.

Et avec elle, le besoin de se justifier.

D’expliquer.

De trouver les mots qui rendront notre non suffisamment compréhensible, suffisamment acceptable.

Comme s’il fallait prouver que nous avons une bonne raison de ne pas dire oui.

Et si ne pas vouloir suffisait parfois ?

Poser une limite ne signifie pourtant pas nécessairement construire un mur entre soi et les autres.

Une limite peut aussi être un contour.

Celui qui permet de reconnaître ce que je souhaite donner.

Ce que je peux donner.

Et ce que, cette fois, je préfère ne pas donner.

Ce contour peut bouger.

Un oui aujourd’hui peut devenir un non demain.

Nous pouvons avoir envie d’être présents pour quelqu’un sans être disponibles à chaque fois.

Nous pouvons aimer rendre service et parfois refuser.

Et pourtant, le non peut rester inconfortable.

Peut-être parce qu’au fond, la difficulté n’est pas toujours de savoir ce que nous voulons répondre.

Parfois, nous le savons très bien.

La difficulté est peut-être de nous autoriser à le dire.

À quoi disons-nous « non » lorsque nous disons « oui » sans en avoir envie ?

Design & Développment par